Archive for février, 2009

La Piste des Seigneurs

Jeudi, février 26th, 2009


Credit photo run in live

Ne pouvant pas disputer la célèbre Saintélyon, trop proche des Templiers, cette nouvelle course de nuit aller pouvoir combler ce vide. Cela paraissait avant l’heure très excitant: 63 kilomètres de nuit entre deux grandes villes qu’on relie d’ordinaire en voiture, Rodez-Millau, mais par les chemins en plus.

Bien préparé, (pour commencer l’année 2009, j’avais choisi depuis bien longtemps cette course dans l’Aveyron. J’y reviendrai dans un prochain article) Christine et Jean-Luc me feront l’assistance accompagnés de ma fille Amélie. Nous voilà partis seulement samedi après-midi, juste deux heures de route sous un beau soleil mais pas une grande température.

L’après midi passe très vite, l’excitation monte et le temps de choisir dans quelle tenue courir, ou mettre le dossard, quelle frontale prendre, préparer les bidons des trois ravitaillements… le stress monte plus encore et ce sont bien ces derniers moments là qui sont ceux que je préfère.

19h15, nous sommes au pied de la cathédrale, écoutons les traditionnels mots de Gilles BERTRAND, la musique d’ERA, les fumigènes rouges et le coup de feu. Peu avant nous nous sommes tous respectueusement salués: les deux thomas, SAINTGIRONS et LORBLANCHET, et Eric LEGAT. A moins d’une surprise toujours possible, le podium devrait être dans ces hommes là.

Une particularité de plus: certains courent en relais de 2, 3, 4 avec un dossard “relais” dans le dos, alors que les autres couvrant la totalité du parcours portent l’appellation “solo”.

Du coup, certains coureurs n’ayant que le premier tronçon à courir, soit 18 Kms, le départ de la course est assez rapide, et scrutant le dos des coureurs, nous laissons partir une dizaine d’unités. Cinq solos se marquent dont Thomas LORBLANCHET et Eric LEGAT. Doucement, au fil des premiers kilomètres nous reprenons un à un tous les relais, sauf un, et ce n’est plus qu’à trois avec Eric et Thomas que nous gagnons le premier ravitaillement. Un peu de lumière pendant quelques secondes, un sac “volé” au passage à mon assistance. Je leur glisse que tout va bien et que deux coureurs me semblent très fort, Tomtom et Eric.

Le deuxième tronçon long lui aussi de 18 Kms, (n’est-ce pas Thomas!!) sera riche d’un bon long moment agréable. Celui d’une certaine complicité sur une route dans le noir, avec une longue discussion. Pendant quelques kilomètres nous avons discuté de choses et d’autres, sommes revenus sur des courses passées. Vraiment un moment qui m’a ravi.

Nous avons ensuite repris le seul coureur qui nous précédait, en train de marcher sur un chemin plat si je me souviens bien. En pleine détresse?!! On a tous connu ça! Eric a commencé à faire le yoyo, puis nous le lâcherons. Pourtant depuis le début, Eric, en équipe de France de 100 Kms (avec qui j’ai fais un stage national cadet de cross à Fréjus en 89) mène grand train, relance constamment et descend très vite prenant à mon sens des risques considérables. Cependant dans les montées, c’est bien différent et à la faveur d’une bonne côte, l’écart se creuse. J’aurais même du mal à suivre Thomas dans celle nous amenant au deuxième ravitaillement.

Là, c’est un peu la panique: l’officiel devant scanner mon dossard n’y arrive pas, puis j’ai un problème avec ma ceinture porte bidons. Je repars pensant être loin de Tomtom, mais lui aussi a pris son temps, sa femme finissant de le ravitailler. Nous voilà dans le 3éme tronçon, le plus facile en théorie. Plus court, 12 Kms, seule une bonne côte puis une très longue descente de 5 kms. Je suis moins saignant, mais nous faisons route ensemble. Malheureusement la seule côte de cette portion me met en difficulté, et je décide tout de suite de marcher afin de gérer au mieux. Je fais une “légère” hypo. La côte est longue et je vois le point lumineux de Thomas s’éloigner. Je me retourne, aucune lumière au loin. Au sommet je re-trottine tout de suite, tente de garder le moral. S’ensuit la très longue descente, d’abord hors piste sous des pins, ensuite de beaux chemins pierreux, puis le fabuleux cloître de Comberoumal (où il y avait de la lumière!!), et la vilaine grosse descente sur le château et son ravitaillement.

Je me sais en grande difficulté, mon hypo est plus grande encore (je préciserai pourquoi dans un futur CR sur ce sujet). Je m’arrête, dois changer mon accumulateur sous ma veste (autonomie 4 heures), changer de ceinture porte bidons, et déjà Eric passe et s’enfonce dans la nuit. Je me rappelle avoir dit à mon “staff” :”oh non”!!! Je prends une grosse poignée de bananes séchées, et pars avec une banane (une vraie avec la peau celle-là!). Un petit regard à ma fille, qui au contraire de ma femme et de mon coach, ne m’a jamais vu en détresse, ne m’accompagnant que sur de petites courses régionales d’habitude, me voilà reparti.

Ce dernier tronçon est le plus long, et possède trois bonnes difficultés. Je suis bon troisième maintenant  car mon arrêt m’a coûté 1′25″ et je ne vois plus Eric.

Je mange ma banane tout en avançant, bois beaucoup et avance pour le mieux.On traverse une route où quelques accompagnateurs donnent de la voix au milieu du phare des voitures, et la  première côte s’annonce. J’alterne marche et course. Au loin, j’entends derrière moi les encouragements pour un coureur qui revient à son tour. Le podium va donc être dur à garder! Je relance fort sur le plat, mon hypo s’éloigne, et je plonge dans une descente très technique.

Et là, en l’espace de quelques secondes, j’aperçois une lumière qui fond sur moi, me double tel un fou dans cette descente, et disparaît très vite, j’ai juste le temps de voir dans son dos qu’il court en relais, ouf. On appelle ça, se faire enrhumer!! Au loin, par contre, ce “fou” a déjà repris un coureur, ce doit être Eric. Nous sommes sur une portion plate. Je relance, relance, relance, les jambes répondent et en l’espace de 2 Kms courus à 15 km/h reprends Eric, puis le passe.

Mais c’est déjà l’heure de la deuxième difficulté, et dans de gros cailloux en lacet je re-marche. Ce sera interminable. Ma montre polar m’indique 57 Kms, le parcours finit par 3 Kms de route, il me reste plus que 3 Kms et ce sera la délivrance. Mais au lieu de 3 Kms dans cette végétation basse typique du causse faite de up and down, virage à droite, virage à gauche… il en restera en faite 8 et cela me semblera une éternité.

Une nouvelle fois une lumière revient très vite et surprise une tête connue, lui aussi en relais, un corrézien jadis co-équipier de club en cross, expatrié en Auvergne, et ami de Thomas du côté de Clermont. Je tente d’accrocher Martin REYT, alias “BIB”, mais il a trop la patate, il vole. Je l’accroche un temps, mais suis réduit à le voire fondre lui aussi dans le noir. Je n’apprécie même pas le passage sous la pile P1 du viaduc tant je suis inquiet et impatient de voir cette “put___” de route!! (Propos que j’ai tenu auprès d’un bénévole!!)

Ca y est, elle est là. Je relance encore on m’annonce Thomas pas très loin devant. Mais les jambes sont lourdes, tous les  muscles de mes  cuisses sont très douloureux.  J’ai beau relancé, je ne vois personne et se profile l’arrivée salle des fêtes de Millau. Jean-Luc m’attend en bas, finit en trottinant à mes côtés. Je rentre dans la salle, monte sur l’estrade et rend hommage à Thomas qui a bien mérité sa victoire. Eric arrive à son tour, comme nous, très fatigué. Après quelques mots avec le speaker, c’est déjà le podium.

Déçu d’avoir perdu, d’être encore battu?

Oui, mais pas tant que ça. J’ai vite trouvé des motifs de satisfaction. Il ne fallait pas que mon pied parte une seule fois dans un trou et la course aurait été finie pour moi. Il n’en a rien été. De plus, je ne suis cette fois pas très loin de Thomas, avec une bonne fin de course, car j’avais perdu 1′25″ après le pointage chronométrique du 3éme ravitaillement. C’était une course spéciale, longue et dure dans le noir. Mais une aventure nouvelle, enrichissante, ou je vais pouvoir tirer des forces futures.

Une vidéo de la course:

http://webtv.runinlive.com/videos1.php4?v=118

Préparation hivernal = cross!

Mercredi, février 25th, 2009

Même si cette année l’hiver est particulièrement rigoureux, pour ma part, place aux cross comme depuis plus de vingt ans. Les cross, un passage obligé. Oui, car c’est une des principales clefs pour une saison réussie. Au menu, beaucoup de footings à différentes allures, vma courtes, vma longues et fartlek en nature, avec les copains coéquipiers du club.

Tout d’abord ce sera un cross ”sur le pouce” à Volvic début novembre. Un clin d’oeil, car Thomas LORBLANCHET est présent lui aussi. Même si je fais une grosse course, au taquet de bout en bout, avec les forces et la vitesse du moment, je suis bluffé par la prestation deThomas. Je termine 11 éme, certes devant lui ( enfin! ), mais en spécialiste de cross que j’ai été (champion deFrance Espoir, double champion intérregional), je ne le précéde que d’une quinzaine de secondes. Compétiteurs que nous sommes, il est certain que chacun de nous deux ne voulait pas être devancé par l’autre, surtout que le speaker à chacun de nos passages sur la ligne, annonce l’un comme le double vainqueur qu’il est, et l’autre comme le premier champion de france de trail. Mais que tout le monde se rassure, nous avons récuperé de ce cross ensemble!!

Deuxième acte plus récemment, début janvier lors des départementaux de cross en corrèze.  Aprés un gros mois de décembre et beaucoup de travail effectué, les sensations, la foulée, la vitesse, le pied du crossman sont un peu revenus , mais pas totalement. ( pas comme je l’aurais souhaité en tout cas ). 

J’ai remporté avec une confortable avance ce cross devant un sociétaire de haute corrèze, et avec mes camarades de club, nous avons une fois de plus ramené le titre par équipe qui a plus de valeur encore pour nous.

L’étape suivante devait être les regionaux de cross, avec la confrontation avec les coureurs del’A.S St Junien. Malheureusement , 4 jours avant ce cross, je me suis fait une grosse entorse sur un banal footing. Une entorse qui a condamné sur la seconde ma participation à ce qui devait être le dernier cross de la saison. Mais surtout une entorse à 18 jours d’une course importante à mes yeux, mon objectif du premier trimestre, la piste des Seigneurs….. il va falloir guerir vite pour courir 63 kilomètres de nuit sur des chemins, dans le noir évidemment!!

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